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REQUIEM POUR UN PONT

 

Vous trouverez sans doute dans votre boîte aux lettres, au retour de quelques jours de vacances, la parution d’été de l’excellent magazine du Conseil Départemental de la Dordogne : c’est d’ordinaire une publication optimiste ! Vous serez donc surpris de recevoir en même temps, bien encarté dans le journal, le faire part de l’échec simultané et de la politique de la justice et de la politique économique de la France et de l’arrêt des travaux de contournement de Beynac. En photo, les 3 pauvres piliers en forme d’orgue inachevé qui vous serine sur 4 pages cet air là…

Cet air qui sonne le glas d’un projet de plus de 30 ans et qui vous raconte la triste chronique d’un échec annoncé année après année. Assoupissement (années 1990), arrangements (années 2000), réveil et aveuglement (années 2010), tour à tour les élus départementaux auront succombé à la « faena » des Présidents successifs avant de subir aujourd’hui le « descabello » l’estocade fatale.

4 pages courageuses pour vous dire qu’un seul pont vous manque et tout est dépeuplé :

Pourtant de Moncaret à Souillac, combien de villages, de resserrements, de ralentissements jalonnent cet itinéraire dit «  de la vallée ». Hormis le vrai contournement de Bergerac, combien de travaux d’aménagement ont été effectués –Lamothe Montravel, Gardonne et Lamonzie, Mouleydier, Lalinde, Badefols, puis plus loin ,passé Sarlat. Bref ! Les techniciens départementaux des routes ont su arbitrer au fil du temps à hauteur des moyens financiers périgourdins à la fois les besoins de confort et les exigences de la sécurité des usagers et des riverains…sauf en arrivant à Beynac où l’on voudrait minimiser que 60 millions d’EUROS pour 3,5 km, c’est quantité négligeable à répartir dans les budgets d’investissement annuels successifs de quelques 200 millions d'E./an (poids des collèges et des autres projets routiers ou de communication).

4 pages prophétiques et politiques pour vous dire qu’en dépit de l’appel du gouvernement à mieux maîtriser les finances départementales pour alléger un tant soit peu le poids des impôts locaux encore existants mais anciens, injustes et obsolètes, un Conseil départemental se devait de ne pas confondre l’autonomie financière d’un département avec l’autonomie fiscale qui n’a reçu aucune consécration constitutionnelle. Bientôt, souhaitons-le, l’essentiel des  ressources du département viendra d’impôts nationaux partagés, sans aucun pouvoir de décision locale sur le niveau des taux d’imposition, donnant aux collectivités territoriales des ressources plus modernes et moins contestées.

La France en panne vous salue bien Monsieur le Président. Cette oraison funèbre auto-prononcée à votre encontre en tant que promoteur d’un projet dépassé va sans doute conclure une mandature contrastée .Votre successeur aura beau jeu de s’inspirer des nombreux appels à projets restés lettres mortes pour esquisser la nouvelle voie de Beynac que d’aucuns s’empresseront de visiter en lieu et place de l’actuel cimetière fluvial.