PEAJanvier2019A

Association  Le Périgord en Action

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Notre projet : Comprendre-Expliquer-Construire

 Info janvier 2019

L'argent des Français

2 propositions à suivre comme contribution au Grand Débat National        

 Dans sa lettre aux Français, le Président Emmanuel Macron  constate …  « que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste »…

Ces Français, par centaine de milliers, n’ont pas hésités au beau matin du samedi 17 novembre 2018 à descendre sur la voie publique revêtus, pour la circonstance d’un gilet jaune avec un objectif commun : manifester un ras le bol généralisé ! Ils n’ont pas regardé l’heure matinale, ils n’ont pas écouté leur fatigue de la semaine, ils ont considéré que la force et le courage d’agir pour un mieux prévalait sur un présent frustrant et dégradant.

 C’est sur ce même constat que notre Association –Le Périgord En Action - veut participer au débat ,fidèle à sa devise , en portant  des itinéraires originaux (au sens premier du terme) en tout cas démarqués des propos sans fond extraits des programmes désuets des partis politiques, tels qu’ils fleurissent déjà sur les réseaux. Nous voulons ramener à l’essentiel une complexité économique et sociale qui noie dans ses déversements le bon sens citoyen : un bon sens, attaché aux valeurs premières et salvatrices que sont le courage, l’abnégation et la persévérance,

celles des ronds-points, celles du travail, celles de l’accompagnement social.

 

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Dans une période précédente qui n’est pas si lointaine (1992 / 2002), les fluctuations en yoyo du temps de travail - de 40h par semaine à 38h pour remonter à 39h pour enfin déboucher sur 35 h -ont conduit à calculer de façon très précise le coût de l'heure travaillée des équipes opérationnelles (personnels  ouvrier et employés ,sous statut de fonctionnaires ou contractuels) en y intégrant la totalité des coûts salariaux sur une base annuelle (charges sociales, provision congés payés, primes diverses, titre restaurant ou coût d'une cantine, assurances publiques ou privées...) et à se comparer, sans prétendre à l’exhaustivité avec nos grands partenaires :

- Chacun de nos voisins européens, à l'exception de la France, a trouvé son propre compromis, entre niveau de charges sociales et temps de travail, pour offrir un pouvoir d'achat assez homogène.

- Seule la France se distingue par une rémunération nette mensuelle la plus basse (inférieure à l’Espagne) ,le coût total de l'heure de travail en France pour l'employeur étant pourtant parmi les plus élevés.

La conclusion est simple : un pays qui veut un niveau avancé de protection sociale doit avoir une durée du travail plus longue pour le financer... Le constat serait digne de M. de La Palice, si le sujet n'était pas si grave.

 

Aujourd’hui, La France décroche dans le classement des Nations dites riches. On quitte le TOP 5.

Le tabou des 35 heures par semaine en est une des causes, même si au réel, les Français travaillent légèrement plus de 35 heures (environ 156 h/mois), souvent dans des conditions dégradées. Le Président en appelle justement à surmonter « les tabous… »

 

PROPOSITION I :

« …les heures supplémentaires, c’est bien (quand il y en a)

les heures inscrites dans la durée légale , c’est mieux et c’est plus sûr… »

 

ET si nous décidions de travailler comme les Hollandais 169 heures par mois, payés bien sûr 169 heures au taux horaire net d'aujourd'hui,

ET si nous décidions, en même temps de ne pas augmenter le prélèvement social total mensuel car l'augmentation de la durée du travail n'a pas d'impact sur les coûts de l'assurance-maladie et de la famille.

Le poids relatif plus faible des charges sociales sur un plus grand nombre d'heures travaillées aurait comme conséquences immédiates :

- Une forte augmentation du pouvoir d'achat de nos salariés -le salaire net versé gagnerait plus de 10 % et se rapprocherait ainsi du pouvoir d'achat de leurs homologues allemands et hollandais.

- Le coût total de l'heure travaillée baisserait de plus de 5 %, rendant sensiblement plus attractif notre pays par rapport à nos voisins immédiats.

- Le cercle vertueux amorcé concernerait éminemment les comptes publics de l'Etat, des collectivités territoriales et des Etablissements de santé, du fait de la baisse du coût de l'heure travaillée (les salaires représentent près de 50 % des dépenses des collectivités publiques).

- Peut-être existerait-il un effet négatif sur l'assurance-vieillesse du fait de l'augmentation des rémunérations nettes ? La réforme en cours sur le calcul par point pourrait aisément gommer dans le temps cette faible interaction dans la mécanique française de répartition.

- Enfin, concernant la situation de l'emploi, la décennie écoulée a montré que les créations d'emplois sur le long terme sont liées exclusivement à la compétitivité d'un pays, surtout quand 50 % de sa richesse nationale dépend de ses partenaires extérieurs. Sans oublier non plus l’effet positif sur les coûts de l'assurance-chômage grâce à la compétitivité retrouvée.

 Vu d’un rond – point, cette augmentation de la durée du travail ferait-elle l'objet d'un rejet ? Rien n'est moins sûr.  Le soutien massif du monde du travail envers celles et ceux qui sont partis, devant ,dans la revendication, le montre .La mise à l’écart de toute forme de récupération syndicale ou politique le montre aussi .Car en dehors de postures syndicales ou de positions de quelques grandes entreprises internationales qui ne veulent en aucun cas rouvrir un sujet qui viendrait perturber la mort tranquille de leurs effectifs en France, les Français savent que notre redressement passe par un effort collectif , à condition :

- Qu'il soit juste et concerne tout le monde. Ce qui implique une loi et non des négociations paritaires ou des régimes d'heures supplémentaires à la carte.

- Qu'il soit simple. Quel chef d'entreprise est capable de comprendre aujourd'hui les impacts combinés du pacte de responsabilité, de la baisse des allégements Fillon suivis par la mise en place du compte pénibilité, j’en passe avec l’acrobatique figure du crédit d’impôt abandonné pour un allègement de charges (cf. CICE)…

-Qu’il soit facile de mise en œuvre et ne vienne pas bousculer les organisations du travail laborieusement échafaudée. Il s’agirait là de prioriser, par exemple, les décomptes de RTT ou des jours fériés.

*      L'augmentation de la durée du travail représente aujourd'hui cette opportunité historique de remettre simplement notre pays dans la course.

Il y faut une condition complémentaire et indissociable : maintenir les éléments essentiels de notre protection sociale.

Nous les avons vu et ils ou elles des gilets jaunes nous l’ont dit ; perdre toute dignité humaine lorsqu’on est à la peine ou dans le besoin qu’il soit financier ou affectif, amène chaque être à réagir violemment  contre le système sociétal et économique qui les broie par sa complexité, par son éloignement et par son injustice. Les retraités, les femmes seules élevant des enfants, les chômeurs de longue durée sont majoritairement représentés dans les regroupements ou les manif’…

 

PROPOSITION II

« …Pas de revenu minimum,pas de revenu universel,mais quoi,alors ?... »

 Et si nous franchissions le pas d’une Allocation Sociale Unique qui serait certainement plus économique, plus facile à gérer, plus facile à distribuer, et finalement plus facile à calculer et justifier.

Aujourd'hui, "on" essaye de lier aux revenus toutes sortes d'aides sociales.

Ce saupoudrage rend illisible toute politique sociale (cf. la prime pour l’emploi), et sa distribution est nécessairement inefficace puisque réparties sur une multitude de postes aux montants individuels relativement faibles. Aujourd’hui des mesures techniques permettent de regrouper autour d’une même date le versement de tout ou partie de ces aides :Il faut aller plus loin ,aller vers une prochaine étape sur le chemin de cette allocation unique en utilisant les mêmes bases de calcul, principalement » la base ressources »

Par exemple, il pourrait être estimé qu'une famille de 2 adultes + 2 enfants de moins de 15 ans a besoin d'un complément social de l’ordre de plusieurs centaines d’Euros par mois pour corriger des revenus faibles.

Une fois ce complément calculé et obtenu, plus aucune prestation ne serait dépendante du revenu (ni cantine scolaire ni tarifs des transports ni …etc.) : la compensation unique éliminerait tout le fatras actuel qui justifie dossiers et main d'œuvre multipliés par autant de prestations.

De même, les bénéficiaires pourraient ainsi mieux "mesurer" la valeur de la solidarité.

Une telle mesure restaurerait l'efficacité d'une partie de la fonction publique (plusieurs milliards d’Euros d’économie), justifiant ainsi moins d'effectifs, et finalement moins de prélèvements pour faire vivre toute cette mécanique où chacun fait ce qu'il veut dans son coin (état, département, ville, associations).

L’allocation sociale unique n’est pas un compromis ou une solution intermédiaire entre

-        la mise en place d’un minimum social ( RMI ou RSA) s’ajoutant selon les cas aux allocations pour adultes handicapés (AAH), aux allocations de solidarité spécifique (ASS) pour les chômeurs en fin de droit

-        ou la mise en place d’un revenu universel (parfois appelée allocation universelle) qui dans sa version commune amène à verser un revenu identique pour tout le monde !(quid des flux migratoires), laissant la possibilité, pour ceux qui le souhaitent de le compléter avec des revenus d’activité (quitte à avoir un impôt négatif pour le rembourser comme aurait dit Mme Bettencourt).

 L’allocation sociale unique a sa logique propre. Il s’agit de fusionner l’ensemble des prestations sociales, soit pas moins de  47 aides sous conditions de ressources ( RSA, du minimum vieillesse, de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), des allocations logement, des allocations familiales, des aides locales des départements telles que les aides à domicile, l'accueil familial, l'allocation personnalisée d'autonomie (APA))…etc

Qui dit allocation sociale unique, dit guichet unique, informé de la situation financière et familiale des administrés par l'administration fiscale ;il faut qu’il soit régional pour éviter d'avoir affaire comme aujourd'hui à trois niveaux différents, à savoir les centres communaux d'action sociale, les caisses d'allocations familiales et les centres des impôts.

Les montants calculés doivent garder un niveau suffisant pour permettre la liberté de choix voire même de se substituer à terme à l’ensemble des mécanismes de sécurité sociale, y compris l’assurance maladie, chacun ayant le choix, grâce à ce revenu, d’y choisir une quotte- part assurancielle obligatoire contre les risques de la vie.

 

Avec janvier et ses vœux, c’est bien l’expression de GARDER LE CAP qu’il convient inlassablement de se répéter.

…Retrouver l’esprit de conquête en renouvelant ses équipes voilà comment pour notre Président doit aborder les débats qu’ils soient ceux du Grand Débat ou ceux de la Campagne pour les Européennes ou les Municipales

Attention a la restitution de ce Grand Débat, comme disait J.DE LA FONTAINE  (L’âne et ses maîtres)

Pitch : Un baudet mécontent va de maître en maître, au gré du Sort .Jamais ne trouve grâce et toujours se plaint… « Croit-il être le seul qui ne soit pas content ? N’ai-je en l’esprit que son affaire ? Le Sort avait raison .Tous gens sont ainsi faits :

Notre condition jamais ne nous contente ; La pire est toujours la présente ;

Nous fatiguons le ciel à force de placets.

Qu’à chacun Jupiter accorde sa requête, nous lui romprons encor la tête. »

Restons optimistes sur la vision partagée d’une France unie pour mettre les réformes et en tirer collectivement bénéfice.                                    

                                                                                                                      

     Jacques Morand
    www.jacquesmorand.fr