PEAdecembre

Association  Le Périgord en Action                               photo REUTERS

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Notre projet : Comprendre-Expliquer-Construire

 

 

 

                                     Info décembre 2018

 

 

Des grands coups derrière la tête

 

 

I - Collectivités territoriales, le coup des Jacobins

Le gouvernement  impose aux collectivités un contrat pour qu’elles diminuent elles-mêmes leurs dépenses.il y est parvenu.

Le gouvernement supprime la taxe d’habitation pour 80 % des ménages (à terme 100%)

Le gouvernement  impose aux organismes HLM, dont une bonne part est liée aux collectivités territoriales, une baisse des loyers compensant la baisse des aides personnelles au logement à la charge de l’Etat…

Le gouvernement  annonce aujourd’hui une réforme de la fiscalité territoriale et de la répartition des compétences : responsabilité de l’apprentissage, restructuration des organismes de logement social.

…autant de points sur lesquels les collectivités concernées auraient dû depuis longtemps prendre l’initiative de réformes. Elles ne l’ont pas fait ajoutant l’impôt à l’impôt !

Contractualisation forcée ? Recentralisation ? NON

Pour rappel : La loi de programmation des finances publiques pour 2018 à 2022  impose aux 340 plus grosses collectivités et intercommunalités dont les dépenses de fonctionnement sont supérieures à 60 millions un pourcentage d’augmentation des dépenses obligatoire, 1,2 %  modulable sur les trois prochaines années. Si les collectivités ne respectent pas cette contrainte, l’Etat reprendra 75 % du dépassement en minorant ses dotations et, si la collectivité ne veut pas signer, 100 %. Les départements savent que l’augmentation des prestations sociales dont ils ont la charge (revenu de solidarité active, allocation personnalisée d’autonomie…) n’est pas prise en compte au-delà d’une évolution de 2 %.et sont incités à produire une trajectoire de désendettement …En contrepartie de ces contraintes les collectivités qui auront respecté la norme d’évolution des dépenses pourront bénéficier d’une meilleure subvention pour leurs opérations d’investissement. Surtout, les dotations de l’Etat ne baisseront pas et la réforme de la taxe d’habitation sera intégralement compensée

Une contrainte légitime ? OUI

Cette loi correspond à une forme de mise sous tutelle des collectivités territoriales : si les grandes collectivités  gardent leur pouvoir de pilotage, les petites auront plus de mal à faire avaliser leurs décisions.  L’esprit de la décentralisation reste mais l’Etat  impose aux collectivités la contrainte budgétaire qu’il subît et partage avec elles son objectif de maîtrise des dépenses publiques. Depuis 10 ans les sommes versées par l’Etat  ont diminué de presque  15 Mds mais  le montant des ressources des collectivités n’a pas diminué, même pour celles qui proviennent de l’Etat, si l’on tient compte de la fiscalité transférée et des hausses successives de cette fiscalité locale tant décriée qu’il convient de stabiliser aujourd’hui autour des 235 Mds de 2018.Malgré leur éparpillement (gaspillage et doublons induits),beaucoup de nos Collectivités sont déjà sur le bon chemin.

 L’autonomie financière n’est pas l’autonomie fiscale ?

Tout part de la suppression  progressive de la taxe d’habitation pour 80% des Français, l’Etat compensant le manque à gagner.  Cette suppression s’explique, selon le gouvernement, par la volonté de redonner du pouvoir d’achat aux actifs et par l’injustice de cet impôt : assis sur des valeurs locatives obsolètes, elle pèse davantage sur les classes moyennes ou modestes.

Le Conseil constitutionnel  a validé ce dégrèvement et se réserve le droit d’examiner ce que deviendront les 20 % de payeurs dans le cadre de la réforme annoncée de la fiscalité locale. C’est suggérer que la situation finale de 2020 concernera 100% des Français.

Reste qu’il s’agit bien là d’un bouleversement irrémédiable des ressources locales : la suppression de la taxe d’habitation est la partie émergente d’une  refonte en profondeur de la fiscalité locale (renforcement de la péréquation ou financement des allocations individuelles de solidarité, RSA notamment, sont au menu) sans oublier les 32 autres dotations différentes, une myriade de taxes transférées intégralement ou par quote-part, importantes ou minuscules. Une remise à plat complète s’impose. Depuis des années, le système, illisible, rapiécé, est à bout de souffle. Dès lors que le lien avec la richesse du patrimoine local est rompu, il ne reste guère comme solution que l’attribution aux collectivités d’une quote-part d’impôts nationaux : les Régions émargent à la TVA en 2018 ; il serait logique que la CSG et l’impôt sur le revenu deviennent pour une part des ressources locales ; les collectivités agissant comme un opérateur de l’Etat.

 Le gouvernement réforme, il a une ligne et une cohérence. Son crédo, c’est l’expertise et la gestion, en plus de la collaboration : il s’agit  de revivifier les énergies, de rénover le dialogue démocratique, de rajeunir aussi et de transformer tous les Corps intermédiaires (élus locaux, syndicats, organismes publics) dont l’Etat a naturellement besoin et qu’il convient de responsabiliser dans une nouvelle forme d’autonomie financière.

 

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II – La taxe carbone, le coup des écolos

La France n’est pas un gros émetteur de CO2 avec et y compris les véhicules à moteur thermique ou les chaudières…Pourquoi tout d’un coup cet assaut en règle contre les automobiles à moteur thermique alors que les véhicules de substitution ne sont pas prêts ?

« Le monde est fou », disait Carlos Tavares ,le patron de PSA.

La question de la mobilité propre doit s’étudier dans sa globalité. Le gouvernement semble vouloir indiquer la direction des véhicules électriques. Mais lesquels ? A batterie ou à Hydrogène ou hybrides ?

C’est un tournant technologique majeur .Les études d’impact montrent des effets nocifs importants dans la fabrication des batteries, des piles à combustibles, dans leur  recyclage.  Le cycle de vie d’un véhicule électrique le rend aussi polluant qu’un véhicule thermique !
Il faudrait avoir parcouru de 50 000 à 100 000 km en voiture électrique pour commencer à être moins producteur de CO² qu’une voiture thermique.

Sachant que ces voitures servent essentiellement à des trajets courts, il est probable que le kilométrage nécessaire pour s’estimer « vertueux » ne sera jamais atteint. 
De plus, tout le CO² émis par une voiture électrique est envoyé dans l’atmosphère avant même que ne soit parcouru le moindre kilomètre : elle émet certes moins de particules que la voiture thermique, puisqu'elle ne dispose pas d’un pot d’échappement, mais elle possède bien des freins, des pneus, et roule sur le goudron !
Ainsi, la voiture électrique n’est pas plus écologique que la voiture thermique ; en tout cas, elle ne justifie pas qu’autant d’argent public soit dévolu à son développement et à sa vente. 
Les sommes estimées sont astronomiques : installer 50000 bornes de rechargement électriques à environ 5 000 euros pièce coute environ 250 millions d’euros. Peut-être une dépense pour rien si c’est l’hydrogène qui s’impose au final ; dans ce cas le réseau de rechargement coûtera plus d’un milliards d’Euros !
Pour rejoindre le chapitre précédent, il est d’ailleurs poignant de voir les élus de petites communes, croyant faire un geste pour l’environnement, s’empresser de casser la tirelire municipale pour s’offrir une borne ; et il est affligeant d’écouter le « sabir écologique des verts «  qui dénigre le nucléaire fournisseur à 80 % de l’électricité de rechargement ».
En réalité, au pays de l’atome, tous les moyens sont bons pour « booster » la consommation d’électricité, en baisse continue depuis des années.
Pendant ce temps la terre tourne et les poids lourds, autocars, navires ou avions français qui émettent 100 fois plus de CO2 que tous nos diesels réunis continuent tranquilles de polluer à bon compte.

 

 

III – Listes pour les Européennes : le coup de l’UDI
Pour Jean-Christophe Lagarde, l’homme des grandes ambitions toujours
contrariées, il s’agit de s’imposer coûte que coûte sur la scène
nationale et, peut-être de finir par acquérir cette stature nationale qu’il recherche
désespérément. parce que, entre autres, ses comportements et ses propos sont devenus avec le temps trop incohérents et contradictoires.

Il aurait pu , il aurait du , tenter de le faire lors de la présidentielle de 2017, mais il n’a pas
eu le courage d’aller au combat pour défendre ses idées, ayant eu peur de se
retrouver avec 1% des intentions de vote comme ce fut le cas d’Hervé Morin lors
de sa candidature en 2012 (qu’il retira avant le scrutin) sans même être sûr d’obtenir
les signatures d’élus pour pouvoir se présenter. Cette absence de courage est aussi un reniement de sa parole envers les militants qui l’avaient porté au pouvoir puisque lors de sa campagne pour devenir président du parti (face à H. Morin), il avait promis que l’UDI aurait un candidat en 2017.

L’UDI, aura donc sa propre liste aux prochaines élections et fidèle à son personnage, J.C.Lagarde s’en prend désormais  avec une rare violence à Emmanuel Macron et à sa politique, reprenant tous les clichés contre celui-ci, tel le «président des riches»ou autres propos agressifs qu’un leader de parti extrémiste ne renierait pas .

On peut en rire, se rappelant que l’UDI, parti du «Centre et de la droite de progrès, n’est pas, à priori l’ennemi de ces mêmes «riches».

Défendre ses idées européennes dans une liste «ouverte» avec d’autres personnes (il faut trouver lesquelles !) et dans le même temps défendre  la «pureté» de sa liste et sa présence autonome aux européennes, il faut le faire ! Il ne veut pas faire alliance avec la liste de l’axe central, soit ; mais d’aucun, élu sur sa liste rejoindra le groupe ADLE à l’Assemblée européenne, les mêmes qu’il aura dénigrés !!

S’il n’y a qu’un seul élu, ce sera moi ; je serai donc tête de liste, dit-il .On comprend bien là

que cette liste indépendante n’est même pas sûre de faire 3% (score dont elle est créditée dans les sondages) seuil de remboursement des frais de campagne ou même 5% afin d’envoyer au moins un député européen au Parlement européen. Lui.

Sans projet politique cohérent, sans ambitions dans les élections nationales -Régionales, Présidentielle - l’UDI est devenue une sorte de bateau ivre tiraillée qu’elle est par les ambitions opposées et les haines tenaces.
Jean-Christophe Lagarde est désormais seul. Hervé Morin est parti pour aller
fonder Les centristes et se rapprocher inexorablement de la droite de Laurent Wauquiez).Laurent Hénart est parti pour aller fonder le Mouvement Radical –Social,Libéral avec Sylvia Pinel et les Radicaux de Gauche.

Depuis les législatives de 2017, plusieurs députés sont partis fonder le groupe Libertés et Territoires, dirigé par son ancien président de groupe, Philippe Vigier.

Dès lors, c’est la fuite en avant pour l’UDI, fuite mortifère qui peut signer, à terme, sa disparition.

 

IV: – ET POUR FINIR : LE COUP DES GILETS JAUNES

 

J’étais tranquille, j’étais pénard ! bref, j’arrivais à mon rond-point favori, clignotant à droite, quand un type tape sur la vitre et me lance :

…Vous n’êtes pas gilet jaune, vous ne tournez pas !!! J’explique alors que je suis retraité, que je comprends la situation des gens en difficulté, que cette situation ne peut que s’arranger progressivement et que notre gouvernement avance avec sagesse et discernement,

…Sortez votre gilet jaune, alors, me dit-il ; nous, le gouvernement, on s’en fout ; on veut que Macron démissionne Et voilà !

Tous ceux qui se disent « Gilets jaunes » le sont-ils vraiment ? Citoyens, politiques… une odeur d’hypocrisie se dégage d’une partie de ce mouvement qui se veut unanime. Notre société ne peut faire l’économie de la lucidité sur les conditions d’un vrai vivre-ensemble, aujourd’hui, demain, sur les ronds points comme ailleurs.

Mais comment ne pas être mal à l’aise en voyant sur les réseaux sociaux tant de gens qui sont Gilets jaunes aujourd’hui et demain gilets bleus ou bruns prompts à se fondre dans la cuisine de tous les combats.

…Perso, j’ai donc refusé de poser mon gilet jaune sur le tableau de bord et j’ai continué ma route vers un autre rond-point plus avenant. Je ne cèderai plus, à mon âge à aucune pression, à aucune injonction liberticide.

Pour autant, je vois comment notre société de compétitivité, d’austérité, ou de néolibéralisme peut briser  de vies .J’entends aussi cette pseudo-démocratie technocratique nous marteler  sans cesse qu’il n’y a pas d’alternative à la dilution de nos progrès sociaux.

Sur le rond-point, tout tourne autour de l’injustice sociale, de la peur et du ressentiment dans l’épreuve d’un déclassement programmé, peut-être aussi d’une forme de dignité humaine bafouée .Il faut en sortir. E.MACRON en a-t-il l’étoffe ?

 

Avec décembre et ses coups durs, c’est bien l’expression de GARDER LE CAP qu’il convient inlassablement de se répéter

…Retrouver notre esprit de conquête pour bâtir UNE  FRANCE  NOUVELLE dans une EUROPE NOUVELLE avec un Président très controversé.

…Attention au référendum: "La souveraineté du peuple ne peut être représentée, par la même raison qu'elle ne peut être aliénée (...). Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement."

J.Jacques Rousseau dans son Contrat social.

Restons optimistes sur la vision partagée d’une France unie pour mettre en œuvre et mieux comprendre les réformes pour en tirer collectivement bénéfice dès 2019.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous.                                       

                                                                                                                           Jacques Morand