PEAgiletjaune

Extraits de la Tribune de Xavier Alberti ,Entrepreneur engagé :

 

Soutenir le Président E.Macron :

les Gilets Jaunes ne sont-ils que la manifestation visible d’un mouvement social profond ?

 

Il n’y a pas si longtemps, c’était facile de soutenir l’action d’un Président à qui rien ne semblait résister. C’est beaucoup moins facile aujourd’hui mais néanmoins indispensable : pas pour lui, pas pour nous mais pour la France et l’Europe qui dépendent aussi de notre capacité à faire face.

Tous nos politiques, au sens large, cuits et confits dans leur amertume et esprit revanchard  voudraient nous faire croire qu’il est déjà temps de renier le choix démocratique que les élections de 2017 ont rendu. Cela n’arrivera pas .Pour autant le bilan viendra inéluctablement, D’ici là, seule s’impose la volonté farouche d’aller au terme de l’action engagée.

 …Ainsi, les Gilets Jaunes ne seraient-ils que la manifestation visible d’un mouvement social profond par lequel les populations qui subissent les violences économiques depuis des décennies, convergent finalement vers le plus petit dénominateur commun, la recherche de l’ennemi. C’est ainsi, et ça l’a souvent été dans l’Histoire moderne de notre continent, que le ras-le-bol mène à la colère et que la colère mène à la détestation [...].
Nous ne serons pas à la hauteur du défi actuel si nous ne sommes pas capables de mener les actions nécessaires pour faire – non plus bouger – mais sauter les lignes d’un modèle désormais mortifère. Pour cela, il faut penser et travailler en dehors des champs institutionnels habituels et répondre à la demande désormais criante de l’inclusion citoyenne dans le processus décisionnel. Cela doit passer par de nouvelles formes de consultations et de négociations qui soient susceptibles de regrouper gouvernement, parlementaires, élus locaux, corps intermédiaires, associations et citoyens, autour des sujets majeurs qui gangrènent notre corps social: le partage de la richesse (fiscalité, rémunération, aides); le partage des territoires (déconcentration des administrations, transports, services publics); enfin le partage et la préservation des ressources (eau, air, alimentation). Des États Généraux d’une nouvelle ère, 230 ans après les premiers.
Notre modèle démocratique à bout de souffle ne suffit plus à impulser la dynamique suffisante à l’accomplissement des transformations de nos écosystèmes. Il faut chercher ailleurs, dans d’autres formes de dialogue et de participation politiques, ce qui permettra de fonder un nouveau pacte social et territorial, un nouveau partage :allons-y et vite.

 Il en va également ainsi de l’Europe et de notre Union qui réclame, pour éviter de se retrouver dissoute dans les colères nationales, de changer de forme et d’objectif. Il faut un nouveau traité européen, beaucoup plus démocratique, beaucoup plus politique et définitivement tourné vers les peuples. Ainsi, en France comme en Europe, si nous demeurons les réparateurs de nos vieux systèmes plutôt que les inventeurs d’un nouveau modèle de société, le pire nous est promis, et il approche.