P1030239

Jean Marie CAVADA

 

  En Dordogne

 

Vient titiller le radical qui sommeille dans chaque Périgourdin

 

 

Certes la salle Jean Moulin à la  Médiathèque de Périgueux, gracieusement prêtée par la Municipalité n’était pas pleine, mais une assemblée nombreuse d’abord attentive puis très réactive s’est prêtée au débat

 

QUELLE FRANCE ? POUR QUELLE EUROPE ?

 

 

Jacqueline Dubois (Dordogne), Hervé Tassel (G.Région) puis Jean Marie CAVADA ont dressé le tableau de notre environnement politique actuel, désastreux, au demeurant.

 

J.M.Cavada…

Avec Génération Citoyens, donc avec vous, nous voulons changer la pratique politique et la bourgeoisie de fonction que sont les élus, alors que le premier parti de France est l’abstentionnisme. 

L’idée fondamentale est d’intégrer les citoyens à la décision politique, de confondre - société civile et classe politique - ; pour cela, il faut responsabiliser les Citoyens.

Un peu comme le E.M. (En Marche) de Macron, qui fait le buzz aujourd’hui, notre  mouvement s’éloigne du concept traditionnel gauche-droite : dans le même temps il faut libérer la société, il y a trop de règles. Il faut réduire les effectifs de la fonction publique et simplifier l'organisation de la vie politique. Notre modèle, pour l'économie, c'est l'Allemagne, pour le social, c'est la Suède.

Pour ce faire, Génération citoyens compte bien se confronter aux urnes : d’abord les législatives en 2017 puis les européennes en 2019 ; mais en évitant surtout de rentrer dans une logique de parti : dans les partis politiques allemands ou américains  le président ne se présente jamais aux élections.

Aujourd’hui, ni la gauche ni la droite ne sont capables de répondre aux grands enjeux de société économiques ou sociaux. Les partis agissent –hors sol-, sans comprendre ni accéder aux préoccupations des citoyens. Génération citoyens veut donner la parole à tous au moment de la décision politique. Au sein d'un « Conseil national de la réforme », les citoyens seront concertés, recevront des propositions et pourront en émettre, que ce soit au sujet de la construction d'un rond-point ou de la réforme du système scolaire.

Pour les élus, ce sera deux mandats et pas plus : il faut que cela tourne. Tout doit être prévu pour que les candidats ne puissent pas « faire carrière » en politique.

La France et L’Europe

On ne peut pas concevoir le redressement de la France sans engager la poursuite de la construction européenne. Les deux sont gigognes et si l’Europe boite actuellement, c’est parce que la technocratie à coup de normes ou règlements a comblé le vide laissé par  l’affaiblissement  lent mais constant des couples Franco- Allemand et Franco- Britannique.

L’Europe doit changer : les gouvernements doivent faire l’effort de délégation de souveraineté dans les domaines qu’ils ne peuvent pas résoudre nationalement : sécurité intérieure et défense extérieure, politique d’immigration, transition énergétique, relance de l’économie par des investissements ciblés sur l’avenir, politique économique et fiscale convergente, notamment. En réalité, il faut avoir un  courage d’Etat pour finir la construction politique de l’Europe.

 

Les réfugiés / l’immigration : ne confondons pas

Est-il sérieux et réaliste de mélanger la question de l’immigration illégale ou économique, avec l’aide aux réfugiés ? Non

Et pourtant on voit bien le profit électoral que cherchent à recueillir ceux qui soufflent la peur.

Les réfugiés : personne n’est naïf. Le dispositif de vérification doit être exigeant. Tous ne sont peut-être pas de stricts réfugiés, mais rien de ceci n’autorise à rejeter la majorité d’entre eux. Pourquoi quelques dizaines de milliers d’enfants, femmes, hommes, venus du sud de la Méditerranée ou de contrées plus à l’est  viendraient bouleverser  65 millions d’habitants dans notre hexagone.

L’immigration économique ou illégale : il faut une doctrine claire : L’immigration pour des raisons économiques doit être pensée au niveau national et exécutée dans le respect des choix des états membres au niveau européen. Quant aux frontières extérieures de l’union, tout le monde sent bien maintenant qu’elles doivent être gardées et contrôlées. Schengen n’est plus suffisant : ce n’est pas le moment de se replier à l’intérieur, c’est le moment de généraliser cette politique en l’étendant à l’ensemble des états membres de l’union, Grèce continentale comprise.

 

La grande faiblesse de la France : L’économie et le social 

Une réforme à la Schröder s’impose : transfert des charges de la production vers la consommation.

Le marché du travail : Booster l’économie en allégeant la production du coût des charges sociales pour les transférer sur la consommation. C’est la fameuse « TVA sociale ». Remettre sur le métier la question de la CSG , pour le financement du système social.

La formation et l’apprentissage. Ce système est à revoir complètement, dans l’optique qu’un salarié doit posséder un contrat de travail, et un chéquier pour l’apprentissage tout au long de sa vie.

Le syndicalisme : un tabou enrobé dans la poussière que produit encore l’accord historique entre gaullistes et communistes à la fin de la 2nde guerre mondiale.  L’état doit cesser de faire des accords à la place des partenaires sociaux, et se hisser au rôle de garant.

L’Entreprenariat et les contraintes qui pèsent sur les entreprises : La fiscalité et les charges sociales sont trop lourdes voire confiscatoires. Les normes, les règlementations, les protections sociales sont en décalage avec la réalité du terrain et onéreuses.

 

L’organisation des pouvoirs politiques : la France est un mille feuilles qu’il faut simplifier. Depuis 40 ans, la France se drogue à l’endettement ; plus de 2000 milliards aujourd’hui qui pénalisent la croissance de notre économie. Il faut rompre ce cycle de la dépense et donc revoir l’organisation verticale des pouvoirs politiques dans notre pays.

Les 36 000 communes restent mais la ressource et la gestion sont regroupées dans une structure supra communale-type communautés d’agglomérations ou communautés de communes.

Les départements sont transformés en Conseils publics de services à la disposition des citoyens, en respectant la répartition des compétences entre les Régions et les Communautés. Le but est évidemment de poursuivre des économies de structure importantes, et de tirer un bénéfice optimum de la révolution numérique surtout pour les services opérationnels non en lien avec l’exigence de proximité.

Les régions récemment rassemblées, même si tout n’y est pas parfait, constituent à nos yeux une avancée très importante. Elles vont fortifier leurs pouvoirs d’investissement et de stimulation économiques avec la maitrise des fonds régionaux européens.

Enfin l’Etat doit concéder définitivement une décentralisation de certaines fonctions et réaligner ses effectifs sur la moyenne européenne, soit 50 000emplois par million d’habitants (environ 5% de la population).Aujourd’hui, la France dépasse allègrement les 8%.

 

 

Si députés et sénateurs sont nantis par une réforme constitutionnelle de réels pouvoirs de contrôle, chacun à leur place, alors les citoyens français reprendront peut être plus massivement le chemin des urnes. Il faut que leur vote soit fondamentalement utile, y compris la reconnaissance du vote blanc.