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POLITIQUE ET RELIGION SONT L’AVERS ET LE REVERS DE LA CONSCIENCE CITOYENNE

 

Les citoyens sont en train de divorcer avec ceux qui ont pour mission de les guider ou de les représenter :

 

Qui sont-ils, Ceux du fait religieux :

 

 Pour les évènements que nous vivons aujourd’hui, tout part de là-bas,

de l’Irak, de la Syrie, de la Lybie où se déchainent les violences et l’exil massif et forcé de populations terrorisées…

L’Irak, la Lybie ont été décapités, leur administration démantelée. Dans ces pays privés d’État, de colonne vertébrale, d’institutions capables d’assurer le tenir ensemble, la voie a été ouverte à l’aventure et aux aventuriers des nouveaux califats de daesh.

La  Syrie a mal vécu l’émergence « d’un printemps arabe »et se retrouve dans un bain de sang et de ruines, assiégée par un conservatisme dynastique qui use de toutes les armes pour maintenir son pouvoir.

À la faillite des États s’en ajoute une autre, qui a servi à la conception de l’État islamique : la faillite de l’éducation – notamment religieuse – dans le monde musulman. Le théologien pakistanais Fazlur Rahman qualifiait de « plus vicieux de tous les cercles vicieux », la manière mécanique de penser l’héritage religieux et de le transmettre de génération en génération.

 

 

Ici et là bas tout a été mis en place pour priver les Jeunes de tout accès de  formation aux sciences humaines ; celles  qui  aident à comprendre que d’autres sont croyants autrement qu’eux, qu’on doit prendre de la distance à l’égard des traditions tout en y restant fidèle et que le monde n’est pas en noir ou blanc, selon  le prisme d’une vérité religieuse absolue. La relation aux textes sacrés doit changer : la religion catholique y  parvient bien, la religion juive s’y emploie, la religion bouddhiste au sens large est autocritique par nature, etc.…

 

Malheureusement, l’état de guerre actuel, au sens propre, là-bas, comme au sens figuré, ici, favorise un  partage des rôles, ou d’échange de bons procédés entre pouvoir politique et pouvoir religieux : le pouvoir politique a tout intérêt à ce que ceux qui ont le magistère religieux perpétuent leur discours dogmatique et moraliste pourvu qu’ils renvoient l’ascenseur du soutien ou de la non remise en cause.

 

 Stop à ce pacte malsain qui lie le politique au religieux et qui empêche tout discours alternatif.

 

 

De ce point de vue, en France, le Politique ne peut plus régler le problème sous le seul angle sécuritaire mais doit s’attaquer à enseigner  le comment vivre ensemble en respectant toutes les traditions et les fois.

Le Religieux n’y parvient plus

 

Qui sont-ils, ceux du fait politique :

 

Une autre  faillite est celle aussi des partis politiques traditionnels et de la fonction d'acteurs du débat public qu’ils se sont octroyée. La façon aussi dont tous tentent de s'extraire de scandales financiers ou autres- à l’occasion de  campagnes électorales- ayant pour conséquences la guerre que se livrent les protagonistes et les prétendants aux postes de pouvoir.

L'argument le plus souvent entendu chez les militants ou sympathisants, pour sortir de cette crise, se résume à évoquer la tradition bonapartiste, le choix du chef. Qu'importe le programme, qu'importent les alliances, qu'importent les capitulations si tel doit être le prix de la victoire. Il s'agit moins de convaincre les électeurs que de se laisser convaincre par ce que l'on suppose de leurs arrière-pensées, de leurs peurs :

-Tel fut l'argument du candidat de droite lors de la dernière élection présidentielle. Puisque le peuple semblait gagné par les arguments de l'extrême droite, il convenait de répondre à ses attentes.

-La situation des partis de gauche, notamment du Parti socialiste, n'a pas été plus brillante. Sus à la finance, proclamait le candidat socialiste à l'unisson des attentes d'un électorat devenu incapable de se figurer un avenir palpable, après des décennies d'une crise du capitalisme, faucheuse d'emplois et destructrice d'espoir.

Le principe de réalité est venu démentir les fragiles espérances entretenues le temps d'une courte victoire. Le désamour ne pouvait qu'être au rendez-vous, nourri moins de l'absence de résultat que du sentiment d'avoir été trompé.

 

Ce n'est pas la vérité qui fâche, mais le sentiment d'être considéré comme trop inculte pour la comprendre.

 

Cette faillite de la parole politique, se prolonge aussi d'une capitulation culturelle .Ceux que la Constitution investit de la fonction de contribuer "à l'expression du suffrage", n’en peuvent plus d’incanter sur les conquêtes sociales et les principes d’un pacte républicain improbable.

Ainsi en va-t-il de la laïcité qui d'instrument d'émancipation se retrouve à toutes les sauces pour garantir les contours d'une identité nationale racornie.

 

Vite ,vite arrêtons la spirale des catastrophes.

 

La logique à l'œuvre aujourd'hui porte en germe l'annonce de catastrophes, plus dramatiques encore si rien ne vient enrayer son inexorable travail de dissolution de la conscience civique.

Le résultat des élections, ici et ailleurs, le démontre et risque le démontrer encore plus en décembre.

Comment une ambition comme celle de la construction européenne destinée à affranchir nos pays des logiques de guerre qui ont ruiné sa puissance, est-elle parvenue à devenir un repoussoir, si ce n'est par le refus têtu d'en confier la légitimation aux peuples des nations qui la composent ?

Ces peuples, à commencer par Nous, sont aujourd'hui gagnés par la tentation rageuse de confier leur destin aux héritiers de ceux qui en furent les fossoyeurs.

Arrêtons !

Certes notre Société est devenue multiculturelle, saturée d’informations et donc, paradoxalement, de plus en plus incertaine quant aux priorités qu'il convient de privilégier. Mais quand même, serait-il si difficile d’intégrer ces nouvelles complexités, d’ouvrir un débat public pour dessiner les contours de cette nouvelle sociabilité ?

Redonnons la parole au Citoyen pour qu’il redevienne l’acteur de son destin.

Le Politique n’y parvient plus.

 

Il y faut de l’imagination, de l’impertinence courageuse et de l’impatience

 

L'avenir n'est obscur que pour ceux qui se refusent à le concevoir.